Comme une pensée entre les doigts, une pensée qu’on n’aurait pas encore tout à fait saisie, qui pour une part échapperait un peu.

Qui ne serait encore que la pure inquiétude que nous ne cessons de projeter sur le monde alentour, même quand il est le plus calme qui soit. Le plus calme qu’il soit possible de se représenter.

Quelque chose se précise. Se dessine. Ce ne sera peut-être qu’une fausse piste, un élan arrêté, un pas de côté mais peut-être, l’idée se dessinera, il n’est pas impossible, jusque dans les lointains du monde. Au point où nous en sommes, il n’est pas encore possible de le dire.

S’impose.
C’est alors que les pensées deviennent fécondes. Quand elles s’imposent dans l’esprit comme un caillou dans le cours de l’eau. Comme un caillou obstiné dans un cours d’eau.
Il ne s’agit pas de certitude. Seulement de fascination. D’attention. Minérale et intense. Rien de plus. Rien que cela.

Alors les choses se simplifient.

Ne cessent plus de se simplifier. Ne cessent plus de fasciner et de se simplifier, et se simplifiant, elles fascinent de plus en plus, le mouvement est immobile et évident, et fascinant, elles arrêtent retiennent tiennent l’esprit en suspension au-dessus du monde.

C’est le moment que je préfère. Alors il est possible de répéter en soi la même phrase. La même pensée. Il est possible de se redire la même question et la même incompréhension. De la comprendre sous toutes ses facettes. C’est toujours le même texte.
Comprendre la même incompréhension qu’on heurterait de la pointe du pied.

C’est le même texte jusqu’à la fascination, mais ce n’est pas une répétition.

C’est la même question. Le même endroit. Le même lieu du monde et de la conscience. Mais ce n’est pas une répétition.

C’est la même pensée crépusculaire comme ça aurait pu être deux textes-, comme c’est le même tourbillon de l’eau et de mon esprit, et la même immobilité fascinée et la même fascination immobile. Et soi se regardant regarder et s’oubliant tout en même temps.

C’est le moment tourbillonnant et immobile. De la fascination et de l’absence à soi.

1ère mise en ligne et dernière modification le 18 août 2012.
