Image 137 : cristal, cristallin, cristallisé
Il y a d’anciennes fascinations qui tournent en rond, en spirales, en ellipses, dans mes phrases. Je tente de les saisir, de les cristalliser. J’espère qu’elles ne cesseront jamais. J’espère seulement qu’elles ne cesseront jamais.
Cristal de roche, comme de l’eau, transparence de l’eau, cristal limpide, et immobile. La goutte d’eau dans ma main qui ne s’écoule pas, ne coule, pas une larme, elle ne coule pas, donc pas une larme tombée. Et cette ancienne fascination chez moi, que je ne comprends pas. Et seulement une série ici, aux bords des mondes, pour la faire advenir. Il y a une certaine urgence de l’écriture.
Un étrange défaut de vision a presque fait perdre pour moi une dimension du monde.
"Le premier qui m’en parle est un homme mort", j’aurais tellement aimé dire cette phrase, je déconseille ici les commentaires sous ce billet. Et tous ces crétins qui m’en ont parlé … et qui se croyaient habiles. Un étrange défaut de vision, et visible d’ailleurs, alors qu’en général on n’en sait rien, le premier qui m’en parle est un homme mort, cette fois j’enlève les guillemets.
Le monde pour moi a, disons, deux dimensions et demie, mais la demi-dimension n’est pas très sûre ni toujours très évidence. Alors peut-être cela explique-t-il cette intense fascination pour la transparence : je ne la vois presque pas.
Presque.
Et le verre se brise à mes pieds.
Presque.
Et l’eau verse à côté de la carafe.
Presque.
Et la vitre heurte mon front.
Et mon front heurte la vitre.
Vraiment. Sans conteste. Mon front heurte la vitre qui heurte mon front.
Presque.
Et ma main brise le verre.
C’est ainsi.
Le premier qui m’en parle est un homme mort.
Presque.
Enfin dans mon esprit.
Alors l’opacité du monde … ça ne m’intéresse pas. Pas le moins du monde. Ce qui m’intéresse, c’est la transparence. Et de la traverser. De passer de l’une à l’autre. De traverser les vitres. Les transparences. Les espaces. J’y réussis presque. Mais presque, c’est pas tout à fait.
Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 4 août 2012.
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Messages de forum
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Moi je me demande ce qui peut pousser à dévoiler sa vie intime sur le net, sur la place publique, en attendant que tout le monde la respecte. Honnêtement je ne comprends pas. Tout d’abord car je trouve que rendre publique quelque chose que l’on gardait précieusement c’est lui enlever la moitié de sa valeur. Et d’autre part, car en rendant une chose publique il me semble qu’on la soumet intentionnellement au regard des autres, à leur jugement, à leur interprétation, qu’on la livre au premier venu. Comment vouloir alors qu’elle soit respectée comme on voudrait qu’elle le soit ? On ne contrôle pas les autres et on est le seul à connaitre comment la respecter... Pourquoi alors ?
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plutôt que la place publique je vois cela comme une marge ou "justement des bords " de nos vies, ce que nous permettons de rentrer en contact et que nous ne maitrisons , le social est complexe et l’espace de la relation et de sa "surface" m’intéresse ,
j’ai un peu abordé cela au sujet de la peinture et des lignes de frottement , , enfin c’est peut être différent
la transparence et l’opacité , il va falloir que je m’interroge un peu plus , mais j’aime que tu dises , "l’opacité ne m’intéresse pas c’est la transparence qui m’intéresse" (tu dis cela autrement bien sur) cette prise de décision , cette volonté m’intéresse, c’est comme décider d’une direction de pensée et de vie, à ce qui me semble.
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Abstraction et transparence, oui, ça m’intéresse … mais décidément je ne parle pas de ma propre vie. Je ne comprends pas la lecture ni l’intervention du précédent commentaire, qui est complètement hors de propos. Je trouve fascinante la transparence du monde, et voilà tout. Enfin, bref, parfois je ne comprends pas tout ! en revanche, merci des échanges et des commentaires que tu déposes ici et qui sont toujours infiniment justes ! Comme des voix bien accordées.
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J’ai bien dû parler de Descartes, mais pas spécifiquement dans ce billet, et bien peu souvent pour le critiquer, en fait.
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