Attends ! Attends-moi ! Tu vas trop vite ! Ça ne sert à rien d’aller si vite ! Attends-moi, je n’en peux plus ... Tu es folle, tu es folle, ma petite fille, d’aller si vite, d’aller si loin. Attends-moi. Tu vois comme tu y arrives, toi qui disais que tu ne saurais jamais ... Tu vois, tu files, tu pensais ne jamais y arriver et maintenant tu files si vite que bientôt je ne pourrai plus te rattraper. Où vas-tu, mon ange ? Où vas-tu ?
Tu pensais toujours ne jamais y arriver. Marcher. Jouer à la marelle. Sauter à la corde. Lire. Sauter à l’élastique. Écrire. Avoir des amis. Faire des cabrioles. Des additions. Des soustractions. Tu pensais ne jamais y arriver. Chaque fois, tu as serré ton visage contre moi en pleurant de rage. Et puis non. Chaque fois, tu es passée. Un pas puis l’autre. À ta manière. À ta façon. Je le sais bien ; tu passes. Un pas puis l’autre : tu passes.
Tu es telle que le monde, devant toi, s’ouvre.
Le monde ne peut pas faire autrement. Je le sais, moi qui ne sais rien. Je n’ai pas de certitude me concernant. Me concernant, c’est du sable. Ce n’est rien. Mais toi, tu es telle que le monde s’ouvre devant toi. Comme une vague quand tu entres dans l’eau et que tu éclabousses tout de ton rire et d’écume rejaillissant autour de toi, et ton rire en cascade et ton bonheur jusque sur moi.
Attends-moi, tu vas si vite. Prends ton temps, tu ne me voles rien, ce que je te donne me revient en éclaboussures de rire et de bonheur. Prends ton temps et le mien. Je ne sais plus quoi en faire. Reste un peu. Tiens ma main. Je suis bien comme ça. Prends mon temps et ma main. Rien ne presse. Tu vas si vite ...
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 mai 2012.
