Le fleuve, ce matin


Sortir. Se réveiller dans la nuit. Sortir. Attendre le matin. Attendre la lumière. Sortir. Vouloir sortir. Vouloir un café. Attendre. Attendre que le matin affleure et puis sortir. Voir le ciel se déchirer. Voir le monde s’éclairer.

Le fleuve, le matin.

Et la ponctuation des bateaux. Qui remontent. Contre-courant. Contrer le courant immense de ce fleuve immense. Je regarde les tourbillons et je n’imagine que le courant se puisse contrer. Ponctuation des bateaux. Un bateau et puis un autre. Plus petit. Qui passe de bateau en bateau. Dépose un pilote. Repart. Portions de fleuve immense, ainsi sûres. Sinon impossible.

Ce fleuve, le matin.

Et la trouée du soleil. Le fleuve se remonte. Et pendant ce temps, ponctuation des bateaux, le soleil se lève. En oblique. Ponctuation des photos, le long de la ligne du temps. Au fur et à mesure que le soleil se lève, que le jour se dessine, le bateau remonte le fleuve et les clichés photographiques se suivent les uns et les autres.

Ce fleuve, immense.

Extension de l’espace. Et les fils électriques qui viennent, montant et descendant au rythme de la ponctuation des pylônes, montant et descendant, venant de loin, dans l’axe du soleil. Extension des lointains. L’iPhone par à coup, ponctuant la conversation, saisissant la ponctuation du temps, lever du soleil, avancée du bateau, contre-courant du fleuve, à la suite du temps.

Et puis marcher, repartir, se réchauffer, chercher un café, un café ouvert, mais c’est trop tôt, marcher, rêver du fleuve.



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 25 avril 2012.



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