Suite hétéroclite (11)


C’est toujours le même mouvement, il suffit de se fondre en lui, de s’y absorber. Tenter de revenir. Tenter de passer. Affronter l’écume et la vague. On pourrait croire que c’est un affrontement mais on aurait perdu d’avance. On n’affronte rien. Entrer dans l’océan ne peut pas être l’affronter. On entrera un peu plus loin, on s’accordera à lui. C’est toujours le même mouvement. Dans l’espace physique de la vague. Dans la pensée. C’est ce mouvement-là, exactement. La liberté qu’on prévoit, qu’on entrevoit après la barrière de la vague. On n’affronte pas l’océan pour entrer en lui. On se glisse dans l’écume, on s’accorde à elle. On l’apprend. C’est ce mouvement là, s’accorder, au mouvement de la pensée, comprendre son rythme, écouter, écouter la pulsation, celle du monde, celle de la pensée, et puis, obstinément, celle de la vie en soi. L’attention seule permet d’être à sa place dans le monde, de coïncider avec lui, d’être à la verticale à la surface du monde, à la verticale de son ombre, et de se couler dans l’océan comme dans la pensée.



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 31 août 2017.



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