Le monde en mosaïque, de BenoîtJ


C’est une promenade subjective dans un monde auquel je reviens souvent, le monde en mosaïque de BenoîtJ, et que l’envie de partager était essentielle. J’ai souvent la surprise heureuse de retrouver des bribes de mon univers dans celui de BenoîtJ, ce m’est l’occasion de le remercier et de lui dire à quel point son univers et le mien, en effet, sont proches, et comme je suis touchée de retrouver mes images, parfois mes phrases chez lui, où elles prennent une autre vie, où elles se métamorphosent de ce qu’il propose.

Les impressions du monde forment une mosaïque sur laquelle le monde apparaît. Carte, et mosaïque et intelligence ; nos lectures bigarrées sont la mosaïque de notre compréhension du monde. Aussi fragile soit-il, il demeure coloré de ses lignes brisées.

Et tout est en mouvement. Il importe moins, ici, de lire mes mots que d’aller errer dans les images et les citations qui sont proposées par BenoîtJ, collectées par lui, dans des réseaux fins et complexes, dans lesquelles elles se répondent. C’est cela qui importe à partir des bords des mondes, qui sont seulement, dans cette série un point de passage vers d’autres contrées.

De cette mosaïque, BenoîtJ nous donne son expérience et son regard sur le monde, enchâssant les phrases qu’il aime.

D’un alentour parfois féroce, ensanglanté.

Et même si le monde est en noir et blanc, puisqu’il arrive qu’il en soit ainsi, les textures, si précises, les matières, et les formes pointent l’essentiel. Où se tient immobile une silhouette.

Il y a ces bouquets, déliquescents, se défaisant, il y a tous ces bouquets, il y a des bouquets arrêtés dans le temps de l’image, dans l’instant, dans le seul instant de l’image, sinon ils se défont, il y a ces bouquets dont certains parfois sont abstraits, dont on n’est pas toujours sûr qu’ils soient bouquets ou peut-être, on hésite, on ne peut pas ne pas hésiter, structures abstraites. Et l’image se réitérant, le bouquet en vient à se défaire.

On se perd, on chemine, on se perd en chemin à la limite fine et incertaine, entre l’abstrait et le concret. Plus on regarde, plus on y porte son attention, moins la limite est sensible. Plus on est attentif au monde, plus il devient abstrait alors qu’on pensait le mouvement inverse. Les bouquets se défont, comme les phrases. Jusqu’à l’être entièrement : défait.

et ces merveilleux rubans de couleurs, rubans s’enroulant que sont les pommes épluchées, pommes se défaisant. Le monde est quotidien et saisissant, saisi dans le moment de perfection, juste avant de basculer dans la destruction.

Alors on peut fermer les yeux.

Seulement, alors. Il faut avoir en soi tant d’impressions du monde pour qu’il soit possible, ainsi, de les recueillir en soi et de fermer les yeux sur elles. Il est possible de fermer les yeux. Parfois. Et le visage alors exprime l’être.

Et puis il y a la vie. Colorée. Ronde et colorée. Elle est tout près, elle surgit de la mosaïque surprenante que livre BenoîtJ.



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er avril 2014.



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