Aux bords du littoral du monde, avec @allearome


Le web n’est pas tout à fait adapté aux personnalités discrètes, qui ne font pas de tapage, qui ont une présence juste et précise, et qui n’aiment pas se faire remarquer. Aucune région de ce monde n’est parfaite, et on peut apporter quelques retouches, quand un site très beau à visiter est difficile à trouver grâce - oui, c’est une grâce - à la discrétion de son auteur.

C’est une grâce et une cause. Je ne voudrais pas toucher à cette grâce, mais je voudrais limiter les effets de cette cause. Chacun sa carte, ses repères, et chacun son temps.

Je ne vais pas prendre une posture critique face à internet, alors que je m’y suis intéressée, que je continue de m’y intéresser et que souvent les critiques n’en sont que des lieux communs. Internet est un monde humain, même s’il repose sur un support technique. Il a les défauts, exactement les mêmes, que tous ceux de l’humaine comédie, qui s’y joue. Ni plus ni moins.
Pour ma part, j’aurais rêvé qu’on s’y comporte un peu différemment, mais c’était un peu naïf … J’aimerais tant qu’on ne soit pas obligé d’y donner de la voix pour se faire entendre, mais il n’est sans doute pas trop possible de procéder autrement. En revanche on peut y relayer les voix qu’on aime, pour les faire entendre, pour les entourer d’attention.

Il en est ainsi de la présence d’Allearome sur le site RêveLittoral, dont les passages sont tels que je ressens beaucoup d’affinités avec ce lieu, et dont la discrétion est telle qu’elle en fait un lieu rare. Et qu’il rend heureux d’aller lire, en se penchant sur la lecture elle-même. Il y a des endroits du monde à côté duquel on peut passer sans le vouloir, sans le savoir, c’est inévitable, c’est toute la complexité de notre monde, mais on peut aussi, parfois, revenir sur ses pas, et regarder. Regarder mieux.

Les bords des mondes sont un littoral, et un littoral est au bord d’un monde … et à le lire on est heureux que tout ne soit pas écrit, on est heureux qu’il reste des phrases à inventer, des livres à lire, et qu’il ne puisse en être autrement, on est heureux qu’il ne puisse cesser de rester toujours des livres à lire qu’on n’aura pas lus. Ses phrases et ses images, et les musiques aussi qu’elle y dépose entrent dans ma cartographie du monde, et j’avais envie d’en parler ici.

On marche le long du littoral, on se déplace sur une ligne, on rencontre des questions, comme on trouve des coquillages nacrés sur une plage. Les points d’interrogation sont les coquilles que nous polissons de nos regards et de nos pensées.

Ainsi, se déplaçant le long des lignes, on retrouve cette idée, si juste, qu’on se déplace dans le langage, qu’on déplace les mots dans la phrase, qu’on se déplace dans la phrase, dans le langage et que nous sommes les mouvements que nous faisons. Le langage est un océan à explorer, un littoral qu’on remonte pas-à-pas, et qu’on n’aura jamais fini d’explorer, parce que le monde est complexe et surprenant, et qu’il ne cessera jamais de nous surprendre.

Ce billet est une invitation à la promenade sur Internet, et à passer regarder les rêves sur le littoral d’Allearome.



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 mars 2014.



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