Dans la cohorte des jours, Paumée de Brigitte Célerier


Oui, je sais, j’avais dit tous les dimanches, mais il se trouve que je suis en pseudo-vacances cette semaine, et en vacances, on oublie les rythmes non ? Donc aujourd’hui, je me promène sur le site de Brigitte Célerier. Il y a une certaine façon de poser sa voix, de tenir la note, qui doit avoir quelque chose de musical, dans cet autre site que je passe lire presque tous les jours (c’est-à-dire quand rien d’extérieur ne m’en empêche - c’est la seule raison de ce presque qui est tout à fait honnête) : Paumée, de Brigitte Célerier.

Paumés, comme on l’est tous, mais avec une grâce particulière qui fait que, dans mes incessants voyages, je pense toujours à la saluer quand je passe à la hauteur d’Avignon. Je ne peux pas ne pas me sentir un peu moins paumée quand je sais que, quelque part, dans le monde, sur le web, quelqu’un, une voix, une silhouette dit la fragilité de notre insertion dans le monde, et l’étonnement qu’elle provoque, de cette manière-là.

Inlassablement, du moins pour nous, Brigitte Célerier parcourt la ville à sa disposition, et en ramène des images, et la ville voilée, tendue de voiles, devient belle parcourt le web et en ramène des lectures, qu’elle nous propose, qu’elle nous fait partager ici, auxquelles elle nous invite. J’aime sa façon généreuse de nous emmener avec elle, parfois en bougonnant injustement contre elle-même …
Et comment ne pas mentionner les vases communicants, qui ne seraient pas ce qu’ils sont si elle ne jouait un rôle tranquillement fédérateur chaque premier vendredi du mois ?

Un article par jour, tous les jours (et si parfois elle nous abandonne à notre sort, avec une élégance délicieuse, elle ne manque de nous prévenir, de son départ, de nous avertir de la date de son retour), avec des notations météorologiques que j’adore, parce qu’elles sont l’impression même de notre jour, que l’auteur vient fixer sur notre rétine.
Nous sommes nombreux, je crois, à passer la lire tous les jours, à aimer lui laisser un salut amical sous la forme d’un commentaire en ligne, quelques mots, un signe de la main.

Pour écrire ces quelques lignes, qui ne rendent pas justice à tout ce qu’elle rapporte de ses sorties dans le jour, dans la nuit, dans la ville, attentive aux silhouettes, à la nature qui revient à présent, à la vie, et à la musique, j’ai dû imaginer des cheminements dans son site, qui se donne au jour le jour.
Mais elle n’a peut-être pas prévu que nous aimerions la relire, que nous aimerions revenir la lire, inventer d’autres cheminements sur son site, que les feuillets qu’elle nous donne à lire ne sont pas caducs quand la date en est passée. D’autant plus qu’elle s’amuse des choses, qu’elle s’amuse du monde, et que c’est une posture très sage, que j’aimerais capable d’avoir un peu plus, que j’apprends lentement, en la lisant.

Elle a un univers coloré, dense, sans doute parce qu’elle s’intéresse à tout ce qui passe à proximité d’elle, parce qu’elle n’écarte rien, parce qu’elle pose le regard sur le monde, le laisse advenir. J’aime ces promenades avec elle. Remontant dans les souvenirs de son site, je trouve l’accord que nous sommes d’accord, souvent, parfois, pas toujours, comme elle vient parfois l’inscrire aux bords des mondes.

Oh et puis il y a une chose aussi que j’aime tant, sur son site, ce sont les merveilleuses images de nourriture, d’étals, de marchés qu’elle parvient à saisir, et ces couleurs, toutes ces couleurs que sans elle je ne verrais pas ainsi, elle m’a donné envie de photographier ces étals, ces nourritures, leurs empilements, leurs entassements, et je le fais toujours en pensant à elle, mais ces images, ce sont mes trésors, elles sont dans ma mémoire, imprimées sur rétine, vous n’avez qu’à aller les chercher sur son site, je ne vais pas tout faire …



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 4 mars 2014.



18 Messages de forum

vos commentaires et interventions

|Dialogues des bords des mondes|
Ma mère est lamentable, de Julien Boutonnier
46 villes, bourgs & autres lieux, de Nathanaël Gobenceaux
Ligne. Ligne, rémanence, impasse, de Michèle Dujardin et Sébastien Écorce
Naturaliser l’esthétique ?
Pour un septième art ?, de Jean-Yves Chateau

mots-clés

Follow IsabelleP_B on Twitter

vos commentaires