À la recherche de la couleur : colorsandpastels de Claudine Mangen-Sales


Cet article est le premier d’une série qui a pour objet de dessiner une carte des blogs que j’aime aller lire et visiter sur le net. Il se trouve que je réfléchis, en ce moment, sur le concept de cartographie, et qu’il transparaît peu ou prou dans toutes les séries que je dessine aBdM, ce qui m’est un indice de plus du rôle central qu’ils jouent dans mon esprit.

J’ai eu peu à peu l’impression, à la la fois que la liste de blogs amis que je proposais ici était un peu en jachère, et qu’aussi elle ne rendait pas justice aux liens amicaux qui existent entre nos blogs, et évidemment qu’elle n’était pas exhaustive, mais cela, elle ne le sera jamais.
J’ai donc pris le parti de prendre le temps de déployer les liens subjectifs que j’entretiens avec certains sites, sur lesquels je vais reprendre force dans la navigation du jour, ouvrir un moment dont je sais, avant même d’y aller, que je l’aimerais, qu’il me surprendra, que mon être en sera renforcé alors que le jour l’use. Il était normal que je leur adresse, au rythme d’une fois par semaine, ce que j’ai voulu être un salut amical et donc totalement subjectif.

Car comme aBdM l’est pour moi, il me semble que le site de chacun a la coloration pure de sa présence. C’est cela que j’entends dire très simplement, et très subjectivement : les amitiés entre les sites. Je ne prétends donc pas faire une lecture exhaustive d’un site, mais plutôt dire l’impression qui fait que j’aime y aller, et pour laquelle j’invite ceux qui passent aBdM et qui l’apprécient à suivre aussi ces cheminements sur le web.

Je commence aujourd’hui par colorsandpastels de Claudine Mangen-Sales : il m’empêche de désespérer de l’hiver et son auteur ne sait peut-être pas à quel point elle nous donne des couleurs pendant la grisaille des jours.

Même quand Claudine (elle me permettra de l’appeler par son prénom, je l’espère, car nous avons en dehors d’internet des liens amicaux qui me sont précieux) peint l’hiver et la tempête, elle les anime de couleurs, alors qu’il me semble parfois, à moi, que le monde est en noir et blanc. Les rails qu’elle trace comme deux traits dans le petit matin ont pour moi l’évocation de tant de départs dans le petit jour. Claudine se promène sur des rivages de mer qu’elle ne connaît pas, sur lesquels elle n’est pas toujours allée, qui lui parviennent parfois simplement par les photographies que nous en ramenons, les uns et les autres, et elle en saisit immédiatement le grain très particulier. Parfois, je passe chez elle, et je retrouve dans la mémoire de son site des souvenirsqui sont aussi les miens …

C’est une expérience très surprenante, et que j’aime entre toutes, que de retrouver chez elle des images de paysages que j’ai traversés, que je reconnais immédiatement, dont je reconnais les textures, et qu’elle a comme recentrés sur la lumière et les couleurs. Cela doit lui paraître à elle si évident, mais il faut bien que je lui dise, ici, que je n’avais pas vu, moi, que le sable était orange … et c’est elle qui, sans être venue sur cette plage, me l’a fait voir, à moi qui la parcours depuis des années, et je ne peux plus y retourner maintenant sans penser à ce mot que Claudine a dit, à cette couleur qu’elle m’a indiquée, orange. Moi qui croyais ne pas aimer l’orange et pour qui l’orange était surtout la couleur des années 70, tabourets tambours en plastique et 4L, voilà que l’orange est la couleur du sable crissant sous mes pas.

J’aime, chez les peintres, chez les artistes, tous, quel que soit l’art dont ils se sont emparés pour nous parler du monde, qu’ils modulent notre rapport au monde. Je ne vois plus jamais les premiers arbres en fleurs du printemps sans penser à Bash-o (je ne sais pas où se trouve pour lui l’accent sur mon clavier), les tilleuls de juin me font penser à Rimbaud, et en marchant au bord de l’océan je pense au cimetière marin, et je revois les dessins de Claudine, et je repense à ce qu’elle dit de ce sable orange, et je me pose des milliers de questions qui sont comme des sourires.

Alors le monde est doux de ces questions, comme les pas le sont, du sable crissant sous les pieds nus.



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 2 mars 2014.



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